Le piercing chez l’enfant : l’importance du consentement

Le 13/05/2019 | Mis à jour le 14/06/2019 Tatoueurs : Chantal Chaudesaigues, Nadia, Stéphane Métivier

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Au printemps 2019, une ex-employée de Claire’s dénonçait des pratiques scandaleuses chez les enfants en matière de piercing et de consentement. Graphicaderme a tenu à partager son cri du cœur.

Le témoignage accablant d’une ancienne employée de Claire’s

Raylene Marks était employée chez Claire’s, célèbre chaîne de magasins américaine spécialisée dans la vente d’accessoires de mode, principalement des bijoux fantaisie. En avril 2019, celle qui a travaillé dans une boutique de la firme à Edmonton, dans le Canada, signait une lettre ouverte publiée sur Facebook. Sobrement intitulée An Open Letter To Claire’s Corporate et partagée près de 2 000 fois, la longue missive (en anglais) dénonce les pratiques douteuses de la marque en matière de consentement quant au perçage des oreilles des enfants. Son appel a trouvé écho dans les studios Graphicaderme, qui ont tenu à en publier les extraits les plus marquants, traduits sur le réseau Parole de mamans.

Ce que dit la lettre sur le consentement des enfants piercés

Je suis une ancienne employée du magasin Claire's […]. Cela ne me dérangeait pas de percer les oreilles d’enfants ravis d’acquérir de nouvelles boucles d’oreille, mais nerveux au sujet de la procédure. Je faisais ce que je pouvais pour les mettre à l'aise.

 

Il y a aussi eu les piercings où les enfants ont fortement résisté, ont été soumis à une pression, intimidés par les parents pour s'installer, ou tout simplement pas contents de ce qui s'était passé même après la mise en place des boucles d'oreilles et la distribution de la sucette standard. Je ne me sentais pas bien de faire ça et j'ai commencé à me demander à quel point le perceur et le parent enfreignaient réellement les limites personnelles d'un enfant. La semaine dernière était un point de rupture pour moi.

 

Une fillette de 7 ans est venue chez Claire's avec sa mère pour se faire percer les oreilles. Je devais assister au piercing, puisque c’était ce que nous appelons un "double piercing", c'est-à-dire les deux oreilles en même temps. Il est réservé aux enfants nerveux qui pourraient changer d'avis après la première boucle d'oreille. La jeune fille implora et sanglota pendant 30 minutes pour ne pas être percée. Bien que maman dise : "Chérie, nous pouvons rentrer à la maison quand tu veux". Mais elle ne laissait pas sa fille rentrer à la maison. Elle mettait beaucoup de pression sur sa fille pour qu'elle fasse le piercing. Cette enfant était intelligente et bien consciente d’elle-même et de son corps.

 

Elle a dit qu'elle ne voulait pas que nous la touchions, que nous nous tenions trop près d'elle, qu'elle se sentait mal à l'aise. Elle a clairement fait savoir qu'elle ne voulait plus se faire percer les oreilles. Elle a supplié, encore et encore sa maman pour qu'elle la laisse rentrer à la maison. Le message de cet enfant était fort et clair pour moi : ne touchez pas mon corps, ne me percez pas les oreilles, je ne veux pas être ici. Je suis du genre à respecter le droit d'un enfant à dire "NON" à tout adulte imposant tout type de contact non médical avec lui. J'ai donc dit à l'autre perceur que je ne participerais pas au perçage des oreilles de cette fille. À mon grand soulagement, à la fin, la mère a respecté les souhaits de sa fille et l'a ramenée à la maison.

 

Le lendemain au travail, ma responsable a posé des questions sur la veille. J'ai expliqué à l'enfant qui avait refusé le perçage et demandé à être laissé seul, et j'ai dit à ma responsable que je n'aurais pas pu percer les oreilles de cette petite fille si maman l'avait obligée. On m'a dit fermement : "Vous n'auriez pas eu d'autre choix que de le faire".

 

[…] Je voulais savoir jusqu'où nous étions censés mener cette politique de percement des enfants non consentants. "Donc, si une mère restreint physiquement sa fille, la tient et dit "Fais-le", pendant que cette petite fille pleure et me demande de ne pas le faire, est-ce que je fais le piercing?" Ma responsable n’a pas hésité à répondre, puis : "Oui, tu fais le piercing." J'ai donné mon préavis ce jour-là.

 

J'ai eu le choix entre faire face à des mesures disciplinaires (qui finiraient par conduire à mon licenciement) la prochaine fois que je refusais de percer les oreilles d'enfants qui n'étaient pas consentants, ou de partir selon mes propres conditions. J'ai choisi le second choix. Ma responsable continue d'affirmer que les autres responsables de Claire's sont d'accord avec elle et que notre directeur des ventes confirme que cette politique est correcte : les enfants peuvent être maintenus pour être percés. Ils n’ont pas de voix dans le processus du perçage. Le professionnel n’a pas le droit de refuser de transpercer avec du métal les oreilles d’un enfant qui prie de ne pas être touché.

 

[…] De mon point de vue, il s’agit d’une politique profondément imparfaite qui facilite les situations dans lesquelles les enfants peuvent être traumatisés ou soumis à des formes d’intimidation et de maltraitance en magasin. L'employé qui refuse de prendre part à ces actions sera "coaché" et éventuellement licencié. Je crois au droit de défendre l’intégrité physique d'un enfant à tout prix, et je ne serai pas un adulte qui commet une indignité envers un enfant. Les enfants qui ne veulent pas supporter l’inconfort et la douleur de la procédure ne devraient pas y être forcés, car un adulte insiste. […]

Chez Graphicaderme, le piercing sans consentement, c’est non

Dans les studios Graphicaderme, habitués à pratiquer des actes de piercing sur de jeunes enfants, nous adhérons entièrement, sans aucune réserve et depuis toujours aux derniers mots confiés par Raylene Marks. Nous aussi, nous croyons au droit de défendre l’intégrité physique d’un enfant, et nous nous refusons à piercer l’enfant si celui-ci témoigne d’un rejet. Nous aussi, nous croyons que les enfants qui ne veulent pas supporter l’inconfort et la douleur d’un piercing ne devraient pas y être forcés par un adulte. Chez nous, notre réputation d’excellence est intimement liée à notre éthique.

"Je me suis déjà retrouvée dans la situation où un enfant était en larmes parce que son parent tenait absolument à le faire piercer sans son consentement", témoigne Nadia, perceur pour notre collectif. "J’ai refusé, pour cette raison, de réaliser le piercing. Heureusement que je n’ouvre jamais mon matériel sans être certaine de pouvoir réaliser l’acte", confie-t-elle.

Les studios Graphicaderme où faire piercer votre enfant

Vous souhaitez accompagner votre enfant pour un piercing dans le plus strict respect des règles d’hygiène et d’éthique ? Les professionnels de Graphicaderme vous donnent rendez-vous dans l’un de ces salons :

Avignon

27 rue Thiers

84000 Avignon

04.90.86.94.30

 

Orange

12 rue de Tourre

84100 Orange

04.32.85.05.05

 

Vaison-la-Romaine

54 cours Taulignan

84110 Vaison la Romaine

04.90.36.35.54

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