Tatouage en couleur : la mobilisation qui a permis d’éviter l’interdiction

Le 05/06/2015 | Mis à jour le 07/10/2026 Salon : ParisTatoueurs : Cécile Chaudesaigues, Stéphane Chaudesaigues

Portrait de Pierre Jarlier, alors sénateur et maire de Saint-Flour

Fin 2013, la menace d’une interdiction des encres de tatouage en couleur inquiétait les professionnels et les personnes tatouées. Cécile et Stéphane Chaudesaigues se sont mobilisés pour faire entendre les réalités du métier. Leur engagement a pris deux formes complémentaires : participer aux échanges scientifiques à Copenhague et obtenir, grâce à Pierre Jarlier, un rendez-vous au ministère de la Santé.

Cette démarche a permis de débloquer le dossier et d’aboutir au maintien du tatouage en couleur. Elle mérite d’être rappelée, avec ses acteurs, ses dates et son résultat.

Novembre 2013 : Cécile Chaudesaigues à Copenhague

Les 13 et 14 novembre 2013, le premier congrès européen consacré au tatouage et à la recherche sur les pigments réunissait à Copenhague des dermatologues, des scientifiques, des fabricants d’encres et des professionnels du tatouage.

Cécile Chaudesaigues s’y rendait pour participer à ces échanges. Parmi les personnes présentes figuraient notamment Mario Barth pour Intenze, Tramp pour Eternal, des représentants français du SNAT, Tin-tin et Grenouille, ainsi que des représentants du syndicat allemand DOT, Andy Schmidt et Claudia Bender.

Autour de Jørgen Serup et du dermatologue Nicolas Kluger, cette rencontre permettait de confronter les travaux scientifiques à l’expérience des tatoueurs et aux connaissances des fabricants.

La composition des encres, leurs effets et leur encadrement concernaient directement l’avenir de la profession. Pour Cécile et Stéphane Chaudesaigues, il fallait prendre part à ces discussions et porter les préoccupations du terrain auprès des décideurs.

Stéphane Chaudesaigues mobilise Pierre Jarlier

Le même 13 novembre 2013, Stéphane Chaudesaigues engageait une démarche auprès de Pierre Jarlier, alors sénateur et maire de Saint-Flour.

Sensibilisé au monde du tatouage par le Festival de Chaudes-Aigues, Pierre Jarlier connaissait la dimension artistique, professionnelle et humaine de cette activité. Stéphane Chaudesaigues le sollicitait pour trouver un interlocuteur gouvernemental capable de faire avancer le dossier des encres.

Les démarches du SNAT avaient tardé et les délais étaient dépassés. Face à cette situation, Stéphane Chaudesaigues a pris l’initiative de solliciter Pierre Jarlier pour obtenir rapidement un échange direct avec le gouvernement et débloquer le dossier des encres de tatouage en couleur.

Pierre Jarlier s’est saisi du problème. Son intervention, engagée à la demande de Stéphane Chaudesaigues, a rendu possible le rendez-vous au ministère de la Santé qui allait permettre de débloquer la situation.

Cette mobilisation constitue un épisode important de l’histoire du Festival du tatouage de Chaudes-Aigues : les rencontres nouées autour de cet événement ont aussi permis de défendre concrètement le métier.

Le 12 décembre 2013 : un rendez-vous décisif au ministère de la Santé

Le 12 décembre 2013, Stéphane Chaudesaigues, président de Tatouage & Partage, et Cécile Chaudesaigues, secrétaire de l’association, étaient reçus au ministère de la Santé.

Ils rencontraient deux membres du cabinet de Marisol Touraine : Jérôme Salomon, conseiller chargé de la sécurité sanitaire, et Gabriel Attal, conseiller parlementaire.

L’entretien permettait de présenter les préoccupations des professionnels, d’expliquer les conséquences de l’interdiction redoutée et de faire entendre les demandes portées par l’association.

À la sortie du ministère, Cécile et Stéphane partageaient les premières conclusions de cette rencontre dans une vidéo. Leur compte rendu remerciait explicitement Pierre Jarlier, sans qui ce rendez-vous n’aurait pas été possible, ainsi que Michel Jouinot pour ses conseils.

Le témoignage à la sortie du ministère

Retrouvez la vidéo de Cécile et Stéphane Chaudesaigues après le rendez-vous au ministère de la Santé, publiée par Tatouage & Partage en décembre 2013.

Décembre 2013 : la menace d’interdiction est écartée

La mobilisation de Cécile et Stéphane Chaudesaigues, avec le relais décisif de Pierre Jarlier, a permis d’aboutir à la levée de la menace d’interdiction des encres de couleur.

Le 26 décembre 2013, Le Point relayait l’issue du dossier dans un article intitulé « Le tatouage en couleur ne sera pas interdit ».

L’Express consacrait également un article à cette annonce : « Les tatouages en couleurs ne seront pas interdits ».

Ces articles documentent l’annonce publique du maintien du tatouage en couleur. Le témoignage de Tatouage & Partage retrace, quant à lui, les démarches menées auprès du ministère et le rôle de Pierre Jarlier dans l’obtention du rendez-vous.

Solliciter un élu, obtenir un rendez-vous et défendre le dossier directement auprès des interlocuteurs compétents : cette intervention concrète a permis de faire aboutir la mobilisation pour préserver le tatouage en couleur.

Défendre les encres, c’est aussi défendre le métier de tatoueur

La crise des encres mettait en évidence une difficulté plus large : la capacité des tatoueurs à être entendus lorsqu’une décision réglementaire menaçait leur pratique.

La maîtrise du dessin, l’expérience du geste, la connaissance de la peau, l’hygiène et la transmission constituent les fondements du métier. Leur reconnaissance auprès des institutions exige également un travail de représentation et de dialogue.

Une réflexion sur le statut et la représentation du métier

Cette réflexion se poursuit dans l’article de Stéphane Chaudesaigues consacré au statut du tatoueur en France.

Elle se prolonge également dans « Statut tatoueur : ma vision des choses en vidéo », où Stéphane Chaudesaigues expose son point de vue sur la reconnaissance du métier et sa représentation. Un éclairage directement complémentaire à l’épisode des encres de couleur et aux démarches engagées auprès des pouvoirs publics.

Ces prises de position accompagnent l’engagement de Tatouage & Partage, autour de la transmission, de la reconnaissance professionnelle et de la défense du tatouage.

Tatouage en couleur : distinguer l’épisode de 2013 du cadre actuel

Le maintien du tatouage en couleur obtenu à l’époque ne signifie pas que la composition des encres échappe à tout encadrement.

Depuis, la réglementation européenne a évolué. Les restrictions REACH applicables aux substances contenues dans les encres sont entrées en application le 4 janvier 2022, avec un délai supplémentaire jusqu’au 4 janvier 2023 pour les pigments Blue 15:3 et Green 7.

Le tatouage en couleur reste autorisé, avec des exigences concernant les produits utilisés. L’Agence européenne des produits chimiques présente ces dispositions sur sa page consacrée aux encres de tatouage et au maquillage permanent.

La conformité des encres et le respect des règles d’hygiène restent essentiels. Ils ne permettent toutefois pas de promettre une absence totale de réaction individuelle.

Pour en savoir davantage sur notre pratique, consultez les pages consacrées à l’hygiène chez Graphicaderme et au tatouage en couleur.

Une étape de l’engagement de Cécile et Stéphane Chaudesaigues

L’épisode de 2013 réunit plusieurs étapes précises : les échanges scientifiques de Copenhague, la sollicitation de Pierre Jarlier, le rendez-vous au ministère de la Santé et la clarification publique de décembre.

Cécile et Stéphane Chaudesaigues ont pris leur part dans ces démarches. L’intervention de Pierre Jarlier leur a donné accès aux interlocuteurs nécessaires pour faire aboutir le dossier.

Cette histoire appartient à celle de Graphicaderme et de Tatouage & Partage. Elle témoigne d’un engagement qui accompagne le travail en atelier : défendre les conditions d’exercice du métier et préserver la possibilité de tatouer en couleur.

Article publié sur Graphicaderme le 5 juin 2015, actualisé le 7 octobre 2026. Les événements historiques relatés se déroulent en novembre et décembre 2013.

Portrait de Pierre Jarlier, alors sénateur et maire de Saint-Flour
Portrait de Pierre Jarlier, alors sénateur et maire de Saint-Flour

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