Tatouage Magazine n°2 : portrait de Stéphane Chaudesaigues

Le 10/10/2014 | Mis à jour le 25/01/2026 Salons : Chaudes-Aigues, AvignonTatoueur : Stéphane Chaudesaigues

Portrait de Stéphane Chaudesaigues tatouant, publié dans Tatouage Magazine n°2

Tatouage Magazine n°2 : portrait de Stéphane Chaudesaigues

Publié à l’origine dans Tatouage Magazine n°2, ce portrait de Stéphane Chaudesaigues témoigne d’une période charnière de son parcours, marquée par une reconnaissance internationale et un rapport au tatouage sans concession. Relu aujourd’hui, il éclaire autant une époque qu’une manière d’aborder le métier, brute, engagée et assumée.

Publié le |
Mis à jour le

Salons :
Chaudes-Aigues,
Avignon

Tatoueur :
Stéphane Chaudesaigues

Impressionnant, dérangeant, bouleversant, étouffant… Le boulot de Stéphane à Avignon ne laisse personne indifférent.
Sans concession, ses tatouages font souvent dans l’extrême et sont même parvenus à surprendre l’Amérique
qui croyait avoir tout vu.

Par Pierre-Hervé Vérant. Photo auteur et collection privée.

Tueur né, chaleur d’Avignon et portrait sans filtre

Posée à côté du magnétoscope, la vidéo de Tueurs nés débarque au secours de mes neurones
mis à mal par la chaleur étouffante qui règne à Avignon.

Cette référence au film d’Oliver Stone permet de mieux cerner Stéphane Chaudesaigues.
Toujours accompagné dans sa solitude, en permanence sur la brèche mais capable de prendre beaucoup de recul,
il semble avoir choisi de tatouer plutôt que de flinguer, avec la même volonté d’exister
dans un monde où il n’aurait pas sa place.

Une œuvre qui dérange

Le boulot de Stéphane porte les stigmates de cette violence, et c’est d’ailleurs à ce niveau
qu’on lui trouve le plus de contradicteurs.

Chacun s’accorde à reconnaître son indéniable talent, mais beaucoup sont gênés par les thèmes abordés.
Lorsqu’il s’implique personnellement dans le motif, les tatouages de Stéphane sont oppressants
au point de mettre mal à l’aise les âmes sensibles.

Influences picturales

Les amateurs de peinture ne s’étonneront pas d’apprendre qu’il est un admirateur d’Edvard Munch,
dont Le Cri occupe un mur du studio de la place Pignotte à Avignon.

Le Caravage compte également parmi ses influences, avec l’utilisation de contrastes violents
qui accentuent le réalisme.

« Je suis incapable de définir mon style. Il paraît pourtant qu’on reconnaît facilement mon travail
et mon tatouage », révèle Stéphane.

« Il faut oser montrer qui on est. L’important, c’est l’expression, l’émotion »,
poursuit-il, précisant qu’il a attendu 1991 pour devenir réellement Stéphane Chaudesaigues
en se plongeant dans la peinture.

Parcours et reconnaissance

Né en 1968, Stéphane trempe dans le tatouage depuis seize bonnes années.
Son frère et son père étaient eux-mêmes tatoués.

La reconnaissance arrive avec les États-Unis.
En 1992, il débarque dans le New Jersey et crée la surprise.
Il arrive avec autre chose, de différent, qui ne correspond à aucun style connu.

Rupture et reprise

Le 12 mai 1992, Wesley, l’un de ses enfants, tombe gravement malade.
Stéphane met alors tout entre parenthèses.

Deux ans plus tard, il rebranche les machines et repart de plus belle,
enchaînant conventions et récompenses, notamment à Philadelphie.

Un rythme assumé

Ancien boxeur, il entretient sa condition physique pour tenir un rythme
que peu supporteraient.

Toujours à fond, animé par une énergie difficile à cerner,
Stéphane Chaudesaigues est un écorché vif. Et il l’assume.

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Note éditoriale.

Ce portrait reflète le regard porté sur le travail de Stéphane Chaudesaigues au début des années 2010.
Depuis, la pratique a évolué, les lieux aussi, mais certaines constantes demeurent : l’exigence,
l’engagement personnel et une relation au tatouage qui refuse les concessions faciles.

Article Tatouage Magazine consacré à Stéphane Chaudesaigues
Article Tatouage Magazine consacré à Stéphane Chaudesaigues

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