Rise n°9 : Stéphane Chaudesaigues et le réalisme vivant
Le 28/08/2015 | Mis à jour le 20/01/2026 Salons : Chaudes-Aigues, AvignonTatoueur : Stéphane Chaudesaigues
Rise n°9 : Stéphane Chaudesaigues et le réalisme vivant
Petite piqûre de rappel :
Stéphane Chaudesaigues arpente le monde de l’encre depuis plus de 20 ans. Il le découvre enfant et débute, un dermographe à la main, à 19 ans. Le réalisme et le noir et gris deviennent sa spécialité et le rendent incontournable. Comme le disait Brian Everett, il s’agit de « reproduire non seulement l’apparence du sujet, mais de représenter son âme ».
L’apprentissage est un passage obligatoire et essentiel pour un tatoueur. Qu’en gardes-tu ?
Je n’ai jamais été très bon à l’école. L’échec scolaire me collait à la peau. Me mettre à tatouer a été une évidence. L’univers marginal du tattoo m’attirait, j’y trouvais une liberté totale.
Mes premières armes, je les ai faites avec Elvis rue de la Roquette et Bruno sur Pigalle.
J’ai connu la première génération du tatouage français, quand il n’y avait pas cent tatoueurs dans le pays. Marcel, Elvis, Joe Marina Allan, Franck, Bebert, Alain Meyer… une génération qui piquait à l’aiguille unique.
À l’époque, on parlait technique avant tout. Pas d’internet, pas de magazines, pas de réseaux. Le bouche-à-oreille faisait tout.
Tu as monté ta première boutique très jeune…
Oui. J’étais père à 18 ans. Il fallait assurer. La pression était réelle, mais nécessaire.
Pourquoi le réalisme ?
Pour les nuances. À 20 ans, tout est noir ou blanc. Avec le temps, le gris apparaît. Le réalisme m’a permis d’explorer cette palette infinie.
La ligne fine est impitoyable. J’ai appris à la contourner par l’ombre.
Tu travailles beaucoup le symbolisme…
Chaque projet commence par une discussion profonde. Un thème, un sous-thème. Une histoire. La composition est essentielle.
Des anecdotes ?
Un client m’a demandé un Marsupilami. Puis un autre est venu pour Chronos, simplement parce qu’il avait aimé la façon dont j’avais traité… les poils.
Et la famille dans tout ça ?
Je suis un des Chaudesaigues. Le produit de ma famille.
Mon frère Patrick, mes enfants Steven et Wesley, mon neveu Julien. La transmission est là, mais elle n’est jamais simple.
Steven travaille aujourd’hui au Graphicaderme Avignon, Wesley à Graphicaderme Orange.
Ton regard sur l’industrie du tatouage ?
Le tattoo est aussi un business. Je l’ai compris en développant Graphicaderme.
L’industrie est un mal nécessaire. Les clients sont plus éduqués. Tant mieux.
Pourquoi l’ouverture de l’Atelier 168 ?
J’avais besoin de revenir à l’essentiel. De quitter le rôle de manager pour redevenir tatoueur. Voyager, rencontrer, me confronter.
Paris était une étape nécessaire.
Un bilan après 20 ans ?
Je n’estime pas avoir réussi professionnellement. Ma réussite, c’est ma famille. Elle me garde ancré.
La photographie ?
Elle prolonge le tatouage. Elle lui rend son contexte, son souffle.
Nous avons ouvert une galerie à Vaison-la-Romaine pour exposer ces travaux.
Le mot de la fin ?
Il faut s’entourer de pairs exigeants. L’émulation est vitale.
Quand la passion disparaît, il faut arrêter.

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